Premier employeur d’Île-de-France
Premier aéroport européen pour le transport de voyageurs et le fret, la plateforme Paris-Charles de Gaulle (Paris-CDG) constitue un moteur économique de tout premier plan pour les territoires environnants, notamment Paris Terres d’Envol. Aujourd’hui, la plateforme regroupe environ 1 360 établissements.
D’après une étude menée par Paris CDG Alliance et l’Insee publiée en décembre, elle emploie 94 600 salariés et génère 9,8 milliards d’euros de richesse locale annuelle. La plateforme de Roissy est le premier employeur d’Ile-de-France. Et elle génère 10% de la richesse des quatre départements d’emprise de l’aéroport.
10 000 créations nettes d’emplois et 30 000 renouvellements
La hausse du trafic aérien international tire le développement de la plateforme, « ce qui induit la création d’infrastructures, des travaux et aussi des retombées en termes économiques et d’emplois », explique Pierre Abraham, directeur adjoint de l’aéroport Paris- CDG au Groupe ADP. Selon les chiffres du Groupe ADP, d’ici 2035, 40 000 emplois sont à pourvoir sur la plateforme : 10 000 créations nettes et 30 000 renouvellements liés notamment aux départs en retraite. « On va passer de plus de 90 000 salariés à plus de 100 000 salariés », commente-t-il.
Ces emplois sont à 87% des CDI à temps plein, avec des salaires en moyenne plus élevés que ceux de la région. Sur la plateforme, un salarié sur deux perçoit un revenu médian de 2 780 euros net par mois en équivalent temps plein, contre 2 600 € pour la région.
Les emplois à pourvoir sont divers. « La plateforme est une ville à elle toute seule, qui fonctionne 24 heures sur 24 et qui compte environ 240 métiers différents » souligne Jean-Luc Bouillie, directeur général de Paris CDG Alliance, groupement réunissant les acteurs publics et privés œuvrant pour l’orientation, la formation et l’emploi des métiers de l’aéroportuaire.
Ces métiers concernent aussi bien les « icôniques » (pilote de ligne, personnel naviguant, agent d’accueil, agent de sûreté…), des métiers plus inattendus (médecin, auxiliaire de puériculture, électricien, effaroucheur …) et ceux de demain. « En particulier, nous aurons des besoins de nouvelles compétences dans le secteur des énergies dans le cadre du plan de décarbonation de l’ensemble de nos activités et dans l’IA, l’informatique et la mécanique pour piloter l’automatisation d’un certain nombre d’activités », décrit le directeur adjoint de l’aéroport Paris-CDG.
Des emplois au bénéfice des habitants du territoire
Aujourd’hui, un salarié sur deux (51 %) réside dans l’un des trois départements d’emprise de la plateforme Paris-CDG (Seine et Marne, Seine-Saint-Denis et Val d’Oise), selon l’Insee. En particulier, plus de 9 000 salariés, soit 9,6% d’entre eux, habitent sur le territoire Paris Terres d’Envol.
Pour répondre à ces besoins massifs, le Groupe ADP, France travail, la préfecture déléguée pour la sécurité et la sûreté des plates-formes aéroportuaires de Paris et des entreprises de la plateforme Paris-CDG (comme Air France et FedEx qui comptent les plus gros effectifs) ont signé une charte en janvier 2026 pour proposer des immersions professionnelles aux demandeurs d’emploi du territoire et faciliter leur recrutement.
Objectif : développer 1 500 immersions professionnelles par an dès 2026, et déployer 4 500 formations associées aux métiers aéroportuaires. « Les immersions que nous visons concernent les métiers en piste, la maintenance de bâtiments, l’électricité, le balisage des pistes, la maintenance avion ou encore la logistique, et tous les métiers en zone réservée pour lesquels il faut une habilitation d’accès (un badge) », souligne Pierre Abraham.
Recrutement : immersions, formations, jobs dating…
Les immersions professionnelles, qui peuvent aller d’une journée à trois semaines, permettent aux candidats de découvrir concrètement un métier et de se projeter dans le poste, et aux recruteurs d’évaluer les compétences en contexte réel.
« C’est aussi une garantie pour les entreprises que les personnes s’engagent en connaissance de cause », souligne le directeur adjoint de l’aéroport Paris-CDG. D’autant plus qu’ « entre 80 et 85 % des immersions débouchent sur un emploi », précise-t-il.
En parallèle, des formations de type POEI (Préparation opérationnelle à l’emploi individuelle), financées par France Travail, sont mises en place en lien direct avec les employeurs. Elles sont conçues sur mesure pour répondre aux besoins spécifiques des entreprises et s’accompagnent d’engagements d’embauche.
D’autres outils existent. Avec l’association d’entreprises Airh, Aérowork facilite la mise en relation entre candidats et recruteurs via un système de “matching” de compétences, sans dépôt de CV. Des forums et job meetings sont organisés régulièrement, comme « L’aéroport recrute » tous les printemps dans l’enceinte de l’aéroport à Tremblay-en-France ou des Cafés contact emploi.
Sur l’aéroport du Bourget, qui représente près de 10 000 emplois directs et indirects, des job datings « Aérojob » et l’ouverture prochaine du tiers-lieu Aéroproject, animé par la mission locale territoriale, ont vocation à renforcer l’accès des jeunes aux métiers des « 3A » (aéronautique, aéroportuaire et aérien).
Mieux faire connaître les métiers des 3A et les opportunités
Autre enjeu crucial, l’orientation vers ces métiers et leur découverte pour les jeunes et les demandeurs d’emploi du territoire. Plusieurs initiatives comme la Cité des métiers Charles-de-Gaulle sur la plateforme à Tremblay-en-France permettent de faire connaître les opportunités et d’accompagner leur choix d’orientation.
Même écho à Paris Terres d’Envol qui organise cette année les « coulisses du Groupe ADP » : des visites à destination des professionnels de l’accompagnement (missions locales, conseillers emploi, centres sociaux) afin qu’ils découvrent la diversité des métiers. Un forum à destination des jeunes diplômés est aussi prévu avec l’APEC, en lien avec les grands comptes du territoire (dont le Groupe ADP) qui ont signé le Pacte d’engagement territorial. L’objectif : « faire que les opportunités d’emploi des deux aéroports bénéficient d’abord aux habitants », souligne la direction emploi, formation, insertion de Paris Terres d’Envol.
« Certains habitants vivent à quelques kilomètres seulement de la plateforme Paris-CDG et ne connaissent pas ces opportunités d’emplois. « L’enjeu est donc d’informer et d’ouvrir les horizons, notamment pour les jeunes des quartiers prioritaires ». D’autant plus que Jean-Luc Bouillie l’assure : « il y a un vrai engouement pour ces métiers ».