Apprentis : la période de recrutement bat son plein !

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Apprentis : la période de recrutement bat son plein !

La période de recrutement des apprentis bat son plein ! En leur faisant confiance, les entreprises forment sur mesure un jeune aux spécificités de leurs métiers et préparent en même temps l’avenir.

Embaucher un apprenti

Alors qu’au niveau national, l'apprentissage a bondi de 37 % entre 2020 et 2021, c’est de plus en plus au niveau bac +2 qu’il séduit les jeunes. Sur le territoire de Paris Terres d’Envol, particulièrement riche en entreprises et avec un ancrage industriel ancien, l’apprentissage a toute sa place. Pour le promouvoir, le réseau Convergence 93 joue un rôle d’interface entre les candidats et les entreprises. « On travaille avec différents partenaires : organismes de formation, structures d’insertion (Missions locales, Pôle Emploi, ASE...) et entreprises, explique Clara Serrano, chargée de l’apprentissage pour le territoire Paris Terres d'Envol à Convergence 93.  Notre mission : accompagner les apprentis par le biais des professionnels de l’insertion jusqu’à leur entrée en entreprises et sensibiliser ces dernières à l’intérêt de l’apprentissage. »

Embaucher un apprenti présente plusieurs avantages pour l'entreprise : former sur mesure et sur un temps long (contrat de 6 mois à 3 ans) un jeune aux spécificités d’un métier et à ses process, permettre d'anticiper les départs de salariés, rajeunir sa masse salariale (un apprenti a entre 16 et 29 ans, ou plus si en situation de handicap), tout en bénéficiant d’aides de l’État avantageuses. En contrepartie, cela demande un certain engagement de l’employeur : un salarié expérimenté ou le chef d’entreprise est désigné tuteur de l’apprenti et, en plus de le former, l’évalue, fait le lien avec son école de formation... Mais dans les secteurs en tension, l’investissement en vaut la chandelle. 

Un parcours spécifique pour le secteur industriel

Convergence 93 peut être sollicité par les entreprises souhaitant recruter des apprentis et les mettre en relation avec les CFA adéquats.  Actuellement, les secteurs qui recrutent sont le bâtiment, la propreté, l’aide de vie aux familles, l'hôtellerie-restauration, l’industrie..., au niveau CAP et bac.

« En tant que « Territoire d'industrie », nous avons créé un parcours d'entrée en apprentissage spécifique sur les métiers de l'industrie et du numérique en partenariat avec le service emploi, formation, insertion de Paris Terres d’Envol. Il comprend une visite au Hub des métiers de l'AFORP avec découverte des plateaux techniques du CFA de Tremblay et possibilité de manipuler les outils ; une préparation du jeune avec un coach à l'entretien d'embauche ; puis une phase de recrutement », détaille Clara Serrano.

Pour compléter cette sensibilisation, l’EPT a organisé, le 20 mai, une visite guidée du salon international Global Industrie à Villepinte. Près de 25 demandeurs d’emploi et leurs conseillers des missions locales y ont dialogué avec des entreprises du territoire. A l'issue du salon certains envisagaient l'inscription en apprentissage à l’AFORP.

Témoignage d’entreprise

Julien Usubelli, à la tête de l’entreprise tremblaysienne AMGD qui produit des pièces industrielles de haute précision, prend des apprentis depuis une dizaine d’années. Depuis trois ans, il recrute surtout au niveau bac+2. « Les jeunes de 19 ans sont plus matures et plus sûrs de leurs choix professionnels. Chaque année, on intègre un nouvel apprenti pour deux ans sur l’un de nos quatre métiers : tourneur, fraiseur, ajusteur ou contrôleur. On a embauché le premier à l’issue de sa formation en juin 2021. Et on fera de même avec le deuxième en juin 2022. » Le chef d’entreprise a été séduit par ce modèle : « Nos techniques de production et l’utilisation de nos machines sont tellement spécifiques, avec beaucoup de réglages à maîtriser, afin de produire des pièces au 100e de millimètre près, que le mieux pour nous est de former en interne et en sur-mesure. »

L’intégration d’un apprenti permet aussi à Julien Usubelli de rajeunir son équipe. « Sur nos métiers, les candidatures spontanées les plus jeunes que je reçois sont autour de 40 ans. » Or il est essentiel pour cette entreprise familiale d’une dizaine de salariés de pouvoir anticiper son renouvellement et d’assurer la transmission d’un savoir-faire. L’apprenti chez AMGD est donc choyé et responsabilisé rapidement : au bout de 3 mois dans l’entreprise, il commence à fabriquer des pièces commandées par les clients.

Et pour le garder à la suite de sa formation, le chef d’entreprise n’hésite pas à le payer à la hauteur de ses nouvelles compétences : « En huit mois, un jeune qui signe un CDI chez nous peut voir son salaire augmenter de 15 à 20 %. » Un argument qui, à l’évidence, doit contribuer à convaincre bon nombre d’entre eux de rester.