Mehdi Barka, comme sur des roulettes

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Mehdi Barka, comme sur des roulettes

À 38 ans, Mehdi Barka est le fondateur et CEO de SOS Baggage, seule entreprise française qui répare ou remplace les valises endommagées. Son entreprise connaît un développement fulgurant.

L’idée est simple et pourtant personne n’y avait pensé : proposer un service de réparation de bagages. « Changer une roulette, décoincer un verrou ou une poignée… Cela ne prend que quelques minutes et ça évite de jeter un bagage qui était réparable. Or quand j’ai créé la boîte, j’étais seul sur le marché, personne ne réparait de valises endommagées en France », confie Mehdi Barka.

Le coup de génie lui vient en 2012. Quelques années auparavant, après un bac éco-gestion, Mehdi Barka arrête ses études pour travailler : « J’avais 8 frères et sœurs, ma maman était femme de service, mon père invalide. Il fallait que je gagne ma vie », résume-t-il. Il fait un stage chez Carrefour puis de fil en aiguille devient magasinier, chef de rayon, passe chez Pepsi, Ferrero… avant de débarquer dans le monde du luxe chez Yves Saint Laurent où il fait de la gestion de stocks puis Louis Vuitton. La prestigieuse maison le prend comme apprenti au SAV. Il a 25 ans et apprend vite à réparer les malles et valises luxueuses vendues par la marque. Il observe aussi, et à force de parler avec les clients, réalise que beaucoup de gens ne sachant pas où faire réparer leurs valises moyenne gamme, les jettent, faute de SAV chez les marques. 

C’est le déclic. « Chez mes parents, je m'entraîne à démonter et remonter une valise Samsonite. C’est facile. » Ce sens de la bidouille, il l’a acquis quand il était jeune. « J’ai grandi dans les quartiers de Bobigny. Et quand tu vis en cité, il faut savoir bricoler parce que le plus souvent tu n’as pas de thunes pour faire faire les réparations. »

2 millions d’euros de CA

Quelques semaines plus tard, il appelle Samsonite, qui possède avec Delsey l’essentiel du marché de la bagagerie, et lui propose d’assurer leur service après-vente. La marque accepte, finance un stock de pièces détachées et lui envoie ses clients. Mehdi Barka les reçoit à la pépinière Hubstart, à Tremblay-en-France, où il vient d’installer sa société. « C’était idéal pour commencer : je bénéficiais d’un espace à loyer modéré, avec une belle superficie pour pouvoir mettre mon stock et surtout idéalement placé, tout près de l’aéroport… ». Cette proximité lui permet de capter les voyageurs en partance ou qui viennent d’arriver mais aussi le personnel navigant. « Si les gens avaient un vol, je réparais leur valise immédiatement ou leur en fournissais une neuve équivalente. » Grâce à des partenariats passés avec les grandes marques, les clients n’ont rien à débourser si leur valise est toujours sous garantie. Et jamais plus d’une vingtaine d’euros si ce n’est plus le cas. En 2013, Mehdi Barka commence à recruter, quitte Hubstart pour s’installer au cœur de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle et signe ses premiers contrats avec des compagnies aériennes : Emirates, Qatar Airways, Air France… « Les compagnies étaient très intéressées par mon service parce qu’elles ont la responsabilité des bagages qu’elles transportent et quand ceux-ci arrivent endommagés, c’est à elles de les faire réparer ou remplacer. » Très vite, le chiffre d’affaires de SOS Bagage explose, passant de 5 000 à 1,5 puis 2 millions d’euros par an. L’équipe s’agrandit et deux boutiques sont ouvertes au cœur de Paris.

Bientôt une valise made in France

Mais quand le Covid met le monde à l’arrêt, Mehdi Barka est obligé de repenser son business model. « Depuis les années 2000, 99 % des valises sont fabriquées en Chine. Or, avec la pandémie, les approvisionnements sont devenus très compliqués : les frais de transports ont été multipliés par 4. On a donc décidé d’importer une chaîne de production pour fabriquer désormais nous-mêmes nos valises en France. » Une décision qui ne présente que des avantages selon ce père de deux enfants : « On recrée une fabrication de valises françaises, on produira à la demande pour éviter les frais de stockage, et surtout on va créer une valise qui se déclinera seulement en 3 tailles et 4 couleurs et dont toutes les pièces seront identiques. Ce qui veut dire que si une roue est défectueuse, il suffira au client de venir acheter seulement la pièce à changer. »

Côté matériaux, Mehdi Barka importera du polycarbonate d’Allemagne qu’il mixera avec celui de valises non réparables broyées, permettant ainsi de valoriser ses déchets.

Prochaine étape ? « Trouver l’emplacement pour installer nos machines. Je voudrais rester sur le territoire mais au plus près d’un quartier prioritaire. J’ai grandi en cité, c’est ici que je veux rendre ce que j’ai reçu ». Ensuite, l’entreprise commencera ses recrutements en s’appuyant sur les missions locales du territoire. « On embauchera pour commencer une dizaine de personnes mais au vu de la demande, on risque de prendre de nouvelles personnes rapidement… », confie Mehdi Barka.

Contact : 01 74 37 26 67 – 06 52 88 50 36 ou barka.mehdi@sosbaggage.com

www.sosbaggage.com