Entreprises : En piste pour l’entrepreneuriat : une édition sous le signe de la reprise et de la transmission d’entreprise

Le 18 juin dernier, la 3e édition de l’événement “En piste pour l’entrepreneuriat” s’est déroulée au Gymnase Marie Paradis au Bourget. Au programme cette année : comment être accompagné dans la reprise ou la transmission d’une activité.

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Pour sa troisième édition, l’événement « En piste pour l’entrepreneuriat » a mis à l’honneur un sujet souvent moins visible que la création d’entreprise mais tout aussi intéressant : la transmission et la reprise d’entreprise. Coorganisée par la direction du développement économique de Paris Terres d’Envol et le réseau d’acteurs de l’entrepreneuriat, cette rencontre visait à informer, sensibiliser et accompagner les entrepreneurs et porteurs de projets sur cette autre opportunité d’entreprendre.

Le choix de la thématique répond à une réalité de terrain. De nombreux dirigeants approchent de l’âge de la retraite et peinent parfois à identifier un successeur, alors même que leur entreprise est pérenne.

Le sujet représente « un défi énorme », pointe Mathieu Sautrau, conseiller Reprise-Transmission à la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Paris, qui couvre toute la région Île-de-France. « Aujourd’hui, un quart des dirigeants français ont plus de 60 ans, ce qui concerne entre 500 000 et 700 000 entreprises et 3 millions d’emplois à l’échelle nationale, explique-t-il. Il est donc important de sensibiliser et se préparer ». De plus, le sujet de la transmission/reprise est un marché confidentiel et opaque : beaucoup de chefs d’entreprise n’osent pas faire savoir qu’ils souhaitent se retirer.

Reprise-transmission : un défi énorme

Côté futurs acquéreurs, la reprise représente une opportunité. « Cela évite la création d’une activité, la prospection de sa première clientèle, sa fidélisation mais aussi tout le travail pour se faire connaître et reconnaître… », explique le service développement économique de Paris Terres d’Envol.

Chafiaa Hamadi en a fait l’expérience. Après des années en tant que professionnelle de la restauration, aussi bien en salle qu’en cuisine, cette jeune trentenaire souhaitait avoir sa propre affaire, « qui [lui]) corresponde », avec en tête d’en reprendre une.

« Pour fonder son entreprise, il faut des moyens. Depuis le covid, les banques ne suivent pas facilement les projets de création d’entreprise dans la restauration. Parfois, reprendre est plus facile », argumente-t-elle. En avril 2025, elle reprend l’Auberge du Château bleu à Tremblay-en-France, « un site remarquable », dont elle décèle immédiatement le potentiel.

Au-delà de l’entrepreneur lui-même, l’enjeu de la reprise/transmission est également territorial. Chaque transmission réussie contribue à maintenir des emplois, des savoir-faire et une activité économique locale. Et contrairement aux idées reçues, la reprise d’entreprise ne concerne pas que les PME importantes : de nombreuses petites structures artisanales, commerciales ou de services sont aussi concernées.

Un événement pour sensibiliser, informer

Pour cet événement qui s’est déroulé sur une matinée, l’équipe organisatrice a convié un large public : chefs d’entreprise, porteurs de projets intéressés par une reprise, entrepreneurs en activité etc.

Au programme : des tables-rondes et deux ateliers pratico-pratiques pour sensibiliser à l’opportunité de reprise/transmission, à la nécessité d’anticiper ces transactions et aussi pour apporter des réponses concrètes : vers qui s’orienter pour reprendre une activité, où trouver les entreprises à reprendre, quels sont les financements existants etc. ?

Mathieu Sautrau de la CCI Paris est intervenu sur l’atelier acquéreur. Avec un message à faire passer aux aspirants repreneurs : il faut se préparer. « Avant de se précipiter sur les plateformes de mises en relation, il faut bien se connaître soi-même, savoir ce qu’on veut, ce qu’implique d’être chef d’entreprise. Il faut aussi que le repreneur s’entoure de personnes ressources, de relais, qu’il pousse la porte des CCI, du Réseau Initiative ou du Réseau Entreprendre, etc. », analyse-t-il.

Des stands ont permis aux participants de rencontrer les équipes de l’établissement public territorial (EPT) et les différents partenaires du réseau local d’experts de l’accompagnement à l’entrepreneuriat, tandis qu’un temps de réseautage a favorisé les échanges entre participants.

Accompagnement à toutes les étapes de la vie de l’entreprise

La dirigeante de l’auberge du Château Bleu a été accompagnée dans ses démarches. Au départ, elle avait repéré un restaurant à reprendre à Tremblay mais après plusieurs visites elle se rend compte que les travaux nécessaires sont trop importants.

La mairie de Tremblay la met alors en contact avec les gérants du Château bleu, qui souhaitent prendre leur retraite. « La mairie a fait le lien », souligne-t-elle. Ensuite, elle a été accompagnée sur la partie financière. Réseau Initiative 93, la Région Ile-de-France et la BPI (Banque Publique d’Investissement) l’aident à monter des dossiers de financements. L’entrepreneuse obtient d’Initiative 93 un prêt d’honneur. Á partir de ce moment et après être allée voir 11 banques, une accepte de la suivre.

En réunissant experts, financeurs, chambres consulaires, collectivités et entrepreneurs, « En piste pour l’entrepreneuriat » cherche avant tout à rendre visibles les ressources disponibles sur le territoire et à encourager chacun à solliciter un accompagnement adapté. Pour lequel « Paris Terres d’Envol joue un rôle de porte d’entrée et de coordination de cet écosystème » souligne le service développement économique.

Plus d’informations pour être accompagné : entreprendre@paristde.fr – 01 48 17 86 60